Aller mieux à ma façon

Évaluation d’un outil de soutien à l’autogestion des troubles anxieux/dépressifs en première ligne

 

Présentation

Pourquoi faire cette étude ?

Les troubles anxieux et dépressifs sont les plus répandus au sein de la population et ils représentent près de 65 % de l’ensemble des troubles mentaux. Ces troubles sont une source importante d’incapacités et figurent parmi les affections les plus coûteuses au pays, avec des coûts directs et indirects estimés à 14,4 milliards de dollars par année.

Le soutien à l’autogestion est une forme d’intervention recommandée dans plusieurs guides de pratique pour aider les personnes atteintes de troubles anxieux et dépressifs. Les interventions de soutien à l’autogestion visent à aider les personnes à reprendre du pouvoir sur leur santé par l’adoption de comportements qui diminuent les symptômes, préviennent les rechutes et améliorent leur bien-être au quotidien. Jusqu’à présent, peu d’interventions de soutien à l’autogestion ont été évaluées de manière rigoureuse, mais leurs résultats suggèrent qu’elles ont une valeur ajoutée en termes de réduction des symptômes.

Un outil de soutien à l’autogestion « Aller mieux à ma façon » a été développé à partir des résultats d’une étude qualitative auprès de 50 personnes en rétablissement d’un trouble anxieux ou dépressif intitulée « Je vais mieux! ». Centré sur le patient (ses forces, ses préférences, son contexte), cet outil lui permet de développer un plan d’autogestion personnalisé (sur support électronique ou papier) avec le soutien d’un intervenant (médecin, psychiatre, infirmière, psychologue, travailleur social, psychoéducateur ou pair aidant).

Les intervenants en lien direct avec la population générale sont tout indiqués pour utiliser cet outil, puisque c’est à leur niveau dans notre système de santé (première ligne) que sont principalement traités les troubles anxieux/dépressifs. Une évaluation d’implantation s’avère nécessaire afin de documenter comment l’outil « Aller mieux à ma façon » est utilisé dans ce contexte, tant par les médecins et les professionnels (infirmières, psychologues, travailleurs sociaux, etc.) que par les patients, et d’identifier des ajustements à apporter au besoin.

 

Les objectifs

Notre projet vise à accompagner trois milieux cliniques affiliés à deux Réseaux de recherche axée sur les pratiques de première ligne (RRAPPL) (Université de Montréal et Université Laval) dans l’implantation et l’évaluation d’implantation de l’outil Aller mieux à ma façon.

Plus spécifiquement, le projet poursuit trois objectifs :

  • Décrire les modalités d’utilisation de l’outil par les professionnels et par les patients;
  • Identifier les pratiques optimales d’utilisation de l’outil par les professionnels et par les patients;
  • Effectuer une première exploration des effets de l’outil, tels que perçus par les professionnels et par les patients.

 

La méthodologie

L’étude implique différentes étapes (de janvier 2016 à mai 2017) :

  • Phase de préparation des trois milieux à l’étude : planification des modalités d’implantation et formation des professionnels au soutien à l’autogestion et à l’utilisation de l’outil.
    • Les 3 milieux retenus pour l’étude :
      • Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval (4 établissements)
      • Unité de médecine familiale (UMF) de Baie-Comeau
      • Unité de médecine familiale (UMF) de Rimouski
  • Phase d’implantation et de collecte des données :
    • Questionnaires en ligne et entrevues téléphoniques auprès des patients ayant utilisé l’outil;
    • Groupes de discussion auprès des professionnels.
  • Phase d’analyse et d’intégration : Analyse des données afin de rédiger un guide des bonnes pratiques adressé spécifiquement aux milieux de première ligne.

 

Résultats attendus

Les résultats de l’évaluation de l’implantation de l’outil vont servir à : Mettre en lumière des améliorations éventuelles à apporter à l’outil; Développer des produits de transfert des bonnes pratiques adaptés aux milieux de première ligne et en assurer la diffusion dans le but de favoriser une utilisation optimale de l’outil à travers le Québec.

 

Références

Voir

Barlow, J., Wright, C., Sheasby, J., Turner, A., & Hainsworth, J. (2002). Self-management approaches for people with chronic conditions: A review. Patient Education & Counseling, 48, 177-187.

Houle, J., Gascon-Depatie, M., Belanger-Dumontier, G., & Cardinal, C. (2013). Depression self-management support : A systematic review. Patient Education & Counseling, 91, 271-279.

Institut national de la santé publique du Québec. (2012). Surveillance des troubles mentaux au Québec : prévalence, mortalité et profil d’utilisation des services. Rapport préparé par Alain Lesage et Valérie Émond. Surveillance des maladies chroniques.

Lesage, A., Vasiliadis, M., Gagné, M.A., Dudgeon, S., Kasman, N., & Hay, C. (2006). Prevalence of mental illnesses and related service utilization in Canada: An analysis of the Canadian Community Health Survey. Mississauga, ON : Canadian Collaborative Mental Health Initiative.

Lorig, K.R., & Holman, H. (2003). Self-management education : History, definition, outcomes, and mechanisms. Annals of Behavioral Medicine, 26, 1-7.

Pearson, C., Janz, T., & Ali, J. (2013). Mental and substance use disorders in Canada. Health at a Glance : Statistics Canada Catalogue no 82-624-X.

Somers, J.M., Goldner, E.M., Waraich, P., Hsu, L. (2006). Prevalence and incidence studies of anxiety disorders: A systematic review of the literature. Canadian Journal of Psychiatry, 51, 100-113.

Stephens, T., & Joubert, N. (2001). The economic burden of mental health problems in Canada. Chronic Diseases in Canada, 22, 18-23.

World Health Organization. (2008). The global burden of disease : 2004 update. Geneva, Switzerland: World Health Organization.

 

État d’avancement des travaux

L’étude est maintenant terminée. Un total de 1176 outils ont été offerts aux usagers entre le 1er juin et le 31 décembre 2016, par 86 professionnels de la santé : médecins (31), travailleurs sociaux. (27), infirmiers (12), psychiatres (8), psychoéducateurs (6), psychologues (2). Parmi ces professionnels, tous ont reçu une formation sur l’outil Aller mieux à ma façon et l’autogestion de la santé mentale, 29 ont participé à une entrevue de groupe 3 mois suivant le début de l’implantation et 40 ont participé à une entrevue de groupe à la fin du projet. Un échantillon de 377 patients ayant reçu l’outil par leur professionnel de santé a été invité par courriel à remplir à deux reprises un questionnaire en ligne et à participer à une entrevue téléphonique. Parmi ces patients, 72 ont rempli le questionnaire au premier temps de mesure, 32 l’ont rempli à nouveau un mois plus tard et 27 ont participé à une entrevue téléphonique.

Conclusions de l’étude

  • L’outil est perçu comme étant pertinent et utile, tant par les professionnels de première ligne que par les patients. Peu de changements ont été recommandés.
  • Il est polyvalent, s’adapte à plusieurs contextes (urgences, CLSC, cliniques médicales, etc.) et à différentes modalités d’intervention (individuel, groupe, face à face, téléphone).
  • Certaines personnes sont capable de le compléter seules, mais d’autres ont besoin de soutien.

Suites

Des capsules vidéo seront produites pour soutenir l’utilisation de l’outil par les professionnels. Un site web (version française et anglaise) est actuellement en élaboration.

 

Publications

Houle, J., Radziszewski, S., Labelle, P., Coulombe, S., Menear, M., Roberge, P., … Cloutier, G. (2019). Getting better my way: Feasibility study of a self-management support tool for people with mood and anxiety disorders. Psychiatric Rehabilitation Journal42(2), 158–168. https://doi.org/10.1037/prj0000331

Pour voir l’affiche scientifique présentant les résultats de l’évaluation d’implantation de l’outil, cliquez ici.

Le site internet de l’outil Aller mieux à ma façon a été lancé à l’automne 2019 – allermieuxamafacon.ca.

 

Équipe de recherche

Chercheure principale

Janie Houle
Ph. D., Département de psychologie, Université du Québec à Montréal

 

Co-chercheurs

Dre Claire Gamache
Médecin psychiatre, CISSS de Laval

Pasquale Roberge
Ph. D., professeure, Université de Sherbrooke

Dre Catherine Hudon
Ph. D., professeure, Université de Sherbrooke

Martin D. Provencher
Ph. D., professeur, Université Laval

Matthew Menear
Ph. D., stagiaire postdoctoral, Université Laval

Simon Coulombe
Professeur., Sir Wilfrid Laurier University

Préscilla Labelle
Doctorante, Université du Québec à Montréal

 

Collaborateurs

Dre Louise Marcheterre
Chef de l’Unité de médecine familiale Manicouagan

Dre Geneviève Lévesque
Chef de l’Unité de médecine familiale de Rimouski

Dre Marie-Thérèse Lussier
Responsable du Réseau de recherche en soins primaires de l’Université de Montréal (RRSPUM)

 

Financement

Ce projet est financé par Réseau-1 Québec (Réseau de connaissances en services et soins de santé intégrés de première ligne).