Savoirs partagés

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Pourquoi faire cette étude

Les troubles mentaux touchent directement un Canadien sur cinq. Les troubles anxieux et dépressifs sont parmi les troubles les plus fréquents dans la population générale. De plus, ils représentent une partie importante des demandes en 1re ligne, que ce soit dans les CLSC ou auprès des médecins de famille. Les changements du Plan d’action en santé mentale 2005-2010 du ministère de la Santé et des Services sociaux recommandent que 70 % des besoins en santé mentale adulte soient répondus en contexte de 1re ligne. Le ministère recommande de centrer plutôt les interventions en santé mentale sur les forces de la personne, sur son rétablissement, sur sa contribution à la démarche clinique, et sur les pratiques de soins de collaboration. C’est pourquoi notre équipe de recherche mène un projet pour mieux comprendre et évaluer les services offerts en 1re ligne pour les personnes vivant avec de l’anxiété ou de la dépression.

Cette étude se fait en collaboration avec le Centre national d’excellence en santé mentale, les gestionnaires des équipes de 1re ligne en santé mentale adulte (SMA) de trois CLSC, les professionnels et les usagers. Comme son nom l’indique, le projet Savoirs partagés s’appuie sur une reconnaissance des différents savoirs (académiques, professionnels et expérientiels) dans le champ de la santé mentale. Le croisement de ces savoirs enrichit le processus et les résultats de la recherche. En effet, les professionnels contribuent à la réalisation du projet, car ils peuvent partager leurs connaissances de l’intervention en contexte de 1re ligne. De leur côté, les usagers qui ont déjà reçu ces services jouent un rôle crucial en mettant à profit leurs connaissances issues de leur expérience. À leur façon, ces personnes sont des experts qui permettent de mieux comprendre les résultats de la recherche. Cette étude permettra aussi de mieux documenter les impacts de l’implication de pairs-chercheurs dans la recherche.

Les objectifs

Le but général de cette étude est de décrire la nature des nouvelles pratiques mises en place dans trois équipes SMA chez qui le virage proposé par le Plan d’action en santé mentale a déjà été effectué, et d’évaluer si leurs effets sont positifs et pérennes. La réponse à ces questions est cruciale afin de soutenir le déploiement des bonnes pratiques à l’échelle de la province et, au besoin, de les améliorer. Plus spécifiquement, l’étude poursuit huit objectifs :

  1. Décrire le modèle logique des interventions de courte durée offertes dans chacune des équipes SMA participantes;
  2. Évaluer les effets des interventions de courte durée sur le rétablissement clinique et personnel, sur l’autogestion et sur le pouvoir d’agir des usagers;
  3. Déterminer dans quelle mesure les usagers estiment recevoir des soins axés sur le rétablissement;
  4. Examiner la relation entre l’obtention de soins axés sur le rétablissement et l’amélioration de la symptomatologie, du rétablissement personnel, des comportements d’autogestion et du pouvoir d’agir des usagers;
  5. Documenter les perceptions des médecins de famille sur l’effet des interventions de courte durée sur le rétablissement de leurs patients et sur les informations transmises par le CLSC dans une perspective de soins en collaboration;
  6. Identifier les pratiques optimales à promouvoir dans les équipes SMA;
  7. Examiner de manière longitudinale l’expérience des pairs-chercheurs dans leur implication sur le comité de recherche;
  8. Documenter les processus et les variables contextuelles qui influencent l’expérience des pairs-chercheurs.

La méthodologie

Cette étude participative utilise un devis mixte (quantitatif et qualitatif) longitudinal et transversal en quatre volets :

  1. Le recrutement, la formation et l’accompagnement de l’implication de 12 pairs-chercheurs dans la recherche, ainsi que la documentation de leur expérience;
  2. La modélisation des interventions offertes par les trois équipes SMA en collaboration avec les gestionnaires, les professionnels et les pairs-chercheurs;
  3. L’évaluation de l’efficacité de ces interventions auprès de 120 usagers;
  4. L’appréciation des soins en collaboration entre les omnipraticiens et les équipes SMA.

Chacun des volets de la recherche est imbriqué dans le volet subséquent comme l’illustre le schéma suivant (à venir).

Les résultats attendus

Premièrement, les résultats obtenus dans le cadre de cette recherche contribueront à améliorer les pratiques des équipes SMA des CLSC ainsi que celles des autres intervenants en santé mentale ailleurs au Québec. Ultimement, nous espérons que cette étude, par le biais de l’amélioration des pratiques, contribuera à améliorer la qualité de vie des usagers en santé mentale.

Grâce à notre processus de recherche collaboratif et appliqué, les connaissances pratiques issues de l’étude seront rapidement transférées dans les milieux de soins, contribuant à l’amélioration concrète des services. Le processus de recherche participatif offrira une occasion pour les différents acteurs de réfléchir sur leurs actions et fournira un espace de prise de parole. Plus spécifiquement, la participation des pairs-chercheurs contribuera à augmenter leur pouvoir d’agir et leur confiance à s’exprimer dans un groupe. Nous espérons que cette collaboration encourage davantage l’intégration de pairs-chercheurs dans les prochaines études en santé mentale.